My First French Echoes of Love (French/English)

Madame, il vous souvient que mon cœur en ces lieux, reçut le premier trait qui partit de vos yeux.”

Madam, you may recall that it was here my heart received the first wound sent by your eyes.”

  • Antochius to Berenice, Berenice, Racine

Je ne sais pas si je vous aime, Madame,
Mais devant mes yeux,
Il n’est ni couronne, ni diadème,
Qui vaille l’ombre de vos cheveux.

Je ne sais pas si je vous aime, mais je sais que mon cœur brûlant goûte une volupté suprême et secrète en vous admirant.

Je ne sais pas si je vous aime, Mais je sais que pour vous servir, J’oublierai jusqu’à moi même, Et serait heureux de mourir.

  • Les Dames de la Loire, Ménie Grégoire
  • proposed translation of a poem from the book “The Ladies of the Loire” by Menie Grégoire.

Eh bien, Antiochus, es-tu toujours le même ?
Pourrai-je, sans trembler, lui dire “Je vous aime ? “
Mais quoi ? déjà je tremble, et mon cœur agité
Craint autant ce moment que je l’ai souhaité.
Bérénice : autrefois m’ôta toute espérance ;
Elle m’imposa même un éternel silence.
Je me suis tu cinq ans ; et, jusques à ce jour,
D’un voile d’amitié j’ai couvert mon amour.
Dois-je croire qu’au rang où Titus la destine
Elle m’écoute mieux que dans la Palestine ?
Il l’épouse. Ai-je donc attendu ce moment,
Pour me venir encor déclarer son amant ?
Quel fruit me reviendra d’un aveu téméraire ?
Ah ! puisqu’il faut partir, partons sans lui déplaire.
Retirons-nous, sortons, et sans nous découvrir,
Allons loin de ses yeux l’oublier, ou mourir.
Hé quoi, souffrir toujours un tourment qu’elle ignore ?
Toujours verser des pleurs qu’il faut que je dévore ?
Quoi, même en la perdant, redouter son courroux ?
Belle reine, et pourquoi vous offenseriez-vous ?
Viens-je vous demander que vous quittiez l’empire ?
Que vous m’aimiez ? Hélas ! je ne viens que vous dire
Qu’après m’être longtemps flatté que mon rival
Trouverait à ses vœux quelque obstacle fatal,
Aujourd’hui qu’il peut tout, que votre hymen s’avance,
Exemple infortuné d’une longue constance,
Après cinq ans d’amour et d’espoir superflus,
Je pars, fidèle encor, quand je n’espère plus.
Au lieu de s’offenser, elle pourra me plaindre.
Quoi qu’il en soit, parlons c’est assez nous contraindre.
Et que peut craindre, hélas ! un amant sans espoir
Qui peut bien se résoudre à ne la jamais voir ?

  • Bérénice, Racine
  • proposed translation, Extract from Bérénice, Racine

Next stop: English voices. Then will come the depths of Russian, and the quiet beauty of Chinese.


Discover more from Prezly Writes

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Leave a Reply

Discover more from Prezly Writes

Subscribe now to keep reading and get access to the full archive.

Continue reading